Focus sur les métalloprotéases

Dans la newsletter N°42 de septembre 2022, nous avons évoqué le biofilm sur les plaies chroniques, qui entraine un retard de cicatrisation de ces dernières.
Parmi les autres causes de retard de cicatrisation des plaies chroniques on retrouve la présence des métalloprotéases.

métalloprotéase

Les métalloprotéases sont une des principales protéases qui entrent en jeu dans le processus de cicatrisation. Ce sont des enzymes sécrétées par les fibroblastes, les cellules endothéliales ainsi que les cellules immunitaires. Toutes ces cellules sont impliquées dans le processus de réparation lors de la cicatrisation.

Le rôle des protéases dans la cicatrisation est fondamental en décomposant les protéines en peptides et acides aminés. Le tableau ci-dessous reprend les principaux rôles des protéases dans la cicatrisation dite normale.

métalloprotéase

Les cellules immunitaires qui produisent les protéases sont stimulées par un processus inflammatoire ou une infection. On peut donc retrouver de nombreuses protéases dans la première phase de la cicatrisation (le taux culmine vers le troisième jour et commence à baisser vers le cinquième jour), ainsi qu’en cas d’infection. Les bactéries présentes dans la plaie peuvent aussi elles-mêmes sécréter des protéases. Ce qui peut entrainer un nombre trop important de métalloprotéases dans une plaie chronique et provoquer un retard de cicatrisation, en dégradant la matrice extra-cellulaire, détériorant le nouveau tissu et endommageant le lit de la plaie. « Une étude a démontré qu’une plaie avait une probabilité de 90% d’être classée comme non cicatrisante lorsque l’activité totale des MMP métalloprotéases matricielles était ≥48 U/110 µl ».
Lorsque le niveau de l’activité protéasique est trop élevé, l’équilibre fragile entre la décomposition et la réparation des tissus est perturbé.

Pour les plaies chroniques, des recherches ont indiqué qu’une réduction de la surface de la plaie entre la 2ème et 4ème semaine est un bon indicateur de la capacité de cicatrisation. Devant des plaies dépassant ce délai, il est nécessaire de procéder à une réévaluation du patient et de la plaie.

La détection des marqueurs de la cicatrisation tel que l’activité protéasique serait utile pour identifier les plaies qui pourraient poser un problème. Aujourd’hui il est difficile d’évaluer le taux de protéases dans les plaies. L’évaluation clinique peut suspecter la présence d’une activité protéasique excessive pour une plaie en retard de cicatrisation, si l’étiologie de la plaie a été correctement prise en charge et après un traitement local adapté.
woundCheck

Cependant, il est difficile de faire la différence entre les signes inflammatoires liés à une activité protéasique élevée et les symptômes d’infection. L’examen clinique peut révéler une rougeur du lit de la plaie, une diminution ou absence de la granulation avec possible saignements au contact, et une augmentation de l’exsudat et de la douleur.
Seul un test diagnostic peut mettre en évidence une activité élevée des protéases, et aider ainsi à la prise en charge optimale des plaies en retard de cicatrisation due à cette activité élevée de protéases. WOUNDCHECKTM protease status est un test de diagnostic rapide (15 minutes) et se réalise en prélevant l’exsudat d’une plaie avec un écouvillon. Aujourd’hui ce test est utilisé dans des cliniques. (Non remboursé en ville).

Prise en charge d’une plaie avec suspicion d’un taux élevé de protéases.
– Traitement de l’étiologie et de tous les facteurs pouvant retarder ou aggraver la cicatrisation
– Optimisation du lit de la plaie avec nettoyage, débridement
– Régulation de l’activité protéasique : pansements inactivateurs de la protéase à base de collagène et cellulose oxydée régénérée (ex : PROMOGRAN PRISMATM laboratoire 3M) ; ou à base de NOSF (URGOSTART® laboratoire URGO) ; pansement absorbant (hydrocellulaires/ fibres à haut pouvoir d’absorption) selon la quantité d’exsudat et/ou traitement de la plaie par Thérapie par Pression Négative

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