Newsletter septembre 2020

Newsletter #31

Newsletter de Septembre 2020, par Géraldine Suchet, infirmière formatrice SUITE DE SOINS®, DU Plaies et Cicatrisation.

Webinar : à vos agendas !

À la suite du succès des premiers webinars, SUITE DE SOINS® lance les jeudis de la cicatrisation, tous les 3èmes jeudi du mois.

Prochains thèmes :

Jeudi 17 septembre 14h-14h30 :
Comment prendre en charge une plaie nécrotique et/ou fibrineuse ?

Jeudi 15 octobre 11h30-12h :
Dénutrition et plaies chroniques : quel lien ?

Jeudi 19 Novembre 14h-14h30 :
Quelles prises en charge pour les plaies bourgeonnantes ?

Jeudi 17 décembre 14h-14h30 :
Comment prendre en charge une plaie infectée ? Une plaie atone ?

Journée des soins de plaies

La prochaine Journée des Soins de Plaies aura lieu le jeudi 15 octobre 2020 à Lyon ! Pour répondre aux contraintes actuelles liées à la crise sanitaire, les différentes formations seront proposées en présentiel et à distance.

Dispositifs médicaux

Changement de nom depuis fin juillet pour l’hydroclean cavity qui devient hydroclean advance cavity et un changement de taille, l’ovale 4x7cm devient 4x8cm. Les pansements sont un peu plus fins et moins humides.

Quoi de neuf pour les cotations des pansements en 2020 (récapitulatif) ?

L’avenant n°6 à la Convention Nationale des infirmiers a enfin été signé (début des négociations en juillet 2017), le 29 mars 2019.

Son application est actée depuis le 13 juin 2019, jour de la publication au Journal Officiel.

Les premiers changements concernant la cicatrisation ont été mis en place le 1er janvier 2020 :

  • Les pansements de trachéotomie, changements de canule, pansements abdominoplastie, chirurgie mammaire, et stomies sont cotés AMI 3.
  • Suppression de la mention « nécessitant des conditions d’asepsie rigoureuse », ajout de la notion de brûlure supérieure à 2% de la surface corporelle en cas de brûlure après radiothérapie, suppression de la notion de « chirurgical » pour les pansements nécessitant méchage/irrigation, pour pouvoir coter un pansement lourd et complexe AMI 4.
  • Nouvel acte pour pansement post opératoire d’exérèses multiples de varices et/ou ligatures multiples de veines perforantes avec ou sans stripping : AMI 3.
  • Nouvel acte pour bilan initial de prise en charge de plaies dans le cadre d’un pansement lourd et complexe : AMI 11 (1 séance par an maximum ou 2 séances si récidive de plaie après une interruption de soins d’au moins 2 mois, non soumis à la MCI et comprend la réalisation du pansement). Acte non soumis à une prescription médicale.

Au 1er juillet 2020 :

  • Nouvel acte : Analgésie topique AMI 1,1 (8 séances maximum par patient et par épisode de cicatrisation). Retrait du pansement, application du produit analgésique et mise en attente sont inclus dans cet acte. Soumis à la MAU. Cet acte vous permet d’appliquer l’anesthésiant local, de repartir puis revenir pour réaliser le pansement. Les déplacements sont cotables pour cet acte et pour le pansement.
  • Nouvel acte : Pansement avec compression AMI 5,1. pansement lourd et complexe avec pose d’une compression par bande. Soumis à la MCI.

Par ailleurs, depuis le 1er mai, il a été créé une nouvelle lettre clé AMX pour la facturation des actes en plus du forfait journalier de suivi des patients dépendants, pour qui un bilan de soins infirmiers (BSI) a été établi.

GREFFE DE PEAU EN PASTILLES

Au sein du département plaies et cicatrisation de l’hôpital privé gériatrique « les Sources » à NICE.

Les greffes de peau en pastilles, ont été les premières greffes réalisées au niveau mondial.

Elles ont été décrites dès 1869 par le Docteur Jacques REVERDIN (médecin suisse). Longtemps utilisée, cette technique a été un peu oubliée avec l’arrivée des pansements spécifiques pour la prise en charge des plaies chroniques. Elle est revenue sur le devant de la scène aujourd’hui, notamment pour la cicatrisation d’ulcères veineux, artériels ou mixtes ne s’améliorant pas malgré des soins bien conduits, ainsi que pour les ulcères douloureux tels que l’angiodermite nécrotique (1). La Haute Autorité de Santé recommande la greffe en pastilles pour les ulcères non cicatrisés en moins de 6 mois ou de plus de 10 cm2.

Le département de plaies et cicatrisation des Sources, pratique ce type de greffe sur les ulcères en plus du suivi des autres plaies chroniques tels que les escarres, les maux perforants plantaires… mais aussi des plaies traumatiques ou post-opératoires.

Brigitte SCAVINER est l’infirmière référente de cette unité. Diplômée en 1986, cette infirmière bretonne est arrivée à Nice un an plus tard pour y travailler. Après une première expérience en réanimation cardiaque, puis quelques temps en intérim, suivi de six années d’activité libérale, elle reprend le statut de salariée au bloc opératoire en endoscopie digestive et finit par poser ses valises à l’hôpital privé des Sources en 2002.

Son poste polyvalent en consultation l’a amenée à travailler aux côtés du Docteur MAILLET Catherine (Gériatre) et ensemble elles ont développé les consultations externes plaies et cicatrisation, en place depuis maintenant une quinzaine d’années. Au début de l’activité, une seule consultation par semaine existait avec principalement des escarres. Au fur et à mesure la consultation s’est développée pour aujourd’hui, être présente du lundi au vendredi avec 20 à 25 patients par jour. Brigitte s’est perfectionnée en plaies et cicatrisation en obtenant son Diplôme Universitaire en 2015.

Le département plaies et cicatrisation comprend les consultations externes ainsi qu’une unité d’hospitalisation de 32 lits (16 lits de médecine et 16 lits de soins de suite et réadaptation). Différents médecins interviennent pour une prise en charge globale des plaies : gériatre, infectiologue, endocrinologue, chirurgien vasculaire… qui se réunissent 1 fois par semaine en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire pour statuer sur le cas des patients hospitalisés. Ces derniers sont adressés principalement par les infirmiers libéraux ou les médecins de ville ainsi que les EPHAD.

La prise en charge de ces patients s’effectue selon le degré de gravité de la plaie et des comorbidités. En dépendra le bilan qui s’effectuera soit en hôpital de jour soit en hospitalisation.

Les ulcères représentent une partie des consultations et sont donc parfois pris en charge par une greffe en pastille.

Brigitte SCAVINER nous explique le principe d’une greffe en pastilles : prélèvement de pastilles de peau au niveau de la cuisse (3 à 4 mm/épiderme et derme superficiel) à l’aide d’un bistouri cellulaire, qui seront déposées à la surface de l’ulcère afin de stimuler l’épidermisation. Ces greffons apportent des cellules épidermiques saines et des facteurs de croissance pouvant relancer la cicatrisation et avoir une action antalgique sur les ulcères douloureux.

Brigitte précise : “Le jour même de la greffe, nous mettons en place la Thérapie par Pression Négative (TPN) pour le site receveur, et mise en place d’un pansement alginate sur le site donneur que nous ne touchons pas pendant 21 jours“. Un repos strict au lit de 4 jours est recommandé pour éviter les mouvements qui exercent une force de cisaillement pouvant entrainer une section des vaisseaux des greffons.

Certains patients sont réticents à la greffe de peau en pastilles car “ayant déjà une plaie, ils n’en veulent pas une 2ème“. Dans ce cas et si la plaie n’excède pas 5cm x 5cm, l’équipe de l’unité de plaies et cicatrisation propose la prise de micro-dômes de kératinocytes à l’aide d’un CELUTOME®.

Les micro-dômes sont récupérés grâce à un pansement siliconé qui sera déposé sur la plaie et laissé en place 5 jours sans le toucher. “Là aussi, on mettra en place la TPN mais avec une dépression plus faible que pour une greffe en pastille. La TPN permet de gérer les exsudats et donc d’éviter un risque de glissement des micro-dômes, et permet leur adhérence au lit de la plaie” explique Brigitte SCAVINER.

La prise en charge du site donneur est plus simple puisque le prélèvement de ces micro-greffons correspond à une brûlure superficielle (geste non invasif) sur laquelle sera apposé un pansement siliconé pendant 2 à 3 jours.

Brigitte rappelle “qu’avant toute greffe, la plaie doit être comblée, c’est-à-dire plane et en phase de bourgeonnement, car c’est un geste de recouvrement et non de comblement“.

Une fois la TPN retirée, les patients rentrent chez eux et sont, pour certains d’entre eux, confiés à SUITE DE SOINS® Antibes (06) dirigée par Isabelle CAYOL, “un relais entre la ville et nous” précise Brigitte, “un choix de soignants intéressés par la prise en charge des plaies, des comptes rendus et une surveillance de l’évolution via une plateforme numérique” sont les avantages que met en avant l’infirmière qui collabore avec SUITE DE SOINS®.

La greffe de peau en pastilles est donc un geste simple, efficace, non agressif pour le patient et réduit la durée de cicatrisation des plaies chroniques.

La prise en charge se poursuit simplement au domicile grâce à la cicatrisation dirigée effectuée par les infirmiers libéraux.

(1) Angiodermite nécrotique : ou ulcère de Martorell (cardiologue espagnol l’ayant décrite pour la première fois en 1945) est l’occlusion distale d’une petite artère terminale. Véritable infarctus de la peau, très douloureux, reconnaissable à l’halo violacé qui entoure la plaie.