Newsletter décembre 2021

Newsletter #38

Newsletter de décembre 2021, par Géraldine Suchet, infirmière formatrice SUITE DE SOINS®, DU Plaies et Cicatrisation.

actualités

Webinar 20 janvier : Quelles sont les infections des parties molles et leur prise en charge ?

Webinar 17 février : Les plaies aigües et déchirures cutanées.

Retrouvez tous nos webinars sur les différents thèmes liés à la cicatrisation sur notre chaîne Youtube SUITE DE SOINS®

évènement

CONTENTION-COMPRESSION

La contention et la compression sont des éléments incontournables de la prise en charge des ulcères de jambe.

Différents examens sont à pratiquer pour définir si l’ulcère est d’origine veineuse ou artérielle et par la suite mettre en place une compression ou contention :

  • Le doppler artério-veineux qui permet de détecter la présence éventuelle d’un obstacle qui empêcherait la bonne irrigation des organes, de visualiser les veines, les artères, les tissus et d’analyser le flux sanguin dans les vaisseaux.  Il étudie la morphologie, la perméabilité et le bon fonctionnement du réseau vasculaire tant en superficiel qu’en profondeur.
  • L’index de Pression Systolique (IPS) qui calcule la différence entre la pression artérielle systolique de la cheville et celle humérale. Il permet de dépister une Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI)

 

Cet index peut aussi être mesuré au gros orteil avec Le SysToe qui améliore considérablement la fiabilité de la mesure de la pression distale. Cette technique est particulièrement utilisée, chez le diabétique et l’insuffisant rénal chronique puisque la mesure de la pression à la cheville et le calcul de l’indice de pression associé peuvent être impossibles chez ces patients atteints d’une médiacalcose (mediacalcose : est une sclérose calcifiante progressive des tuniques moyennes (media) artérielles touchant préférentiellement les artères de moyen calibre.)

Elle se caractérise cliniquement par une diminution ou abolition de la perception des pouls périphériques (rigidité artérielle, “artères incompressibles”).

Deux tests peuvent être effectués sans appareils pour évaluer si le patient souffre d’une insuffisance veineuse ou artérielle :

  • Recherche des pouls pédieux, que l’on retrouve présents dans les insuffisances veineuses et abolis avec une artériopathie oblitérante des membres inférieurs.
  • Test de recoloration du gros orteil : le patient doit être allongé depuis 5 minutes (tout comme pour l’IPS), pression sur le gros orteil, si celui-ci se recolore en plus de 3 secondes, le patient souffre potentiellement d’une artériopathie. Il est donc conseillé de pratiquer un doppler et l’IPS pour confirmer ce diagnostic.

Après avoir effectué le bilan vasculaire, il est donc possible de mettre de la contention ou compression en place. 

Quelles différences entre contention et compression ? Quels types de bandes à mettre en place ?

Pour imager, la contention contient l’œdème alors que la compression chasse l’œdème

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé datent de 2010 et sont reprises dans le tableau ci-dessous.

Contention Compression

Bandage non élastique

Bandes à allongement court

Bandage élastique

Bande à allongement long bas

Pression de repos faible / Pression de travail élevée Pression permanente / pression de travail faible
Peut être gardé la nuit Doit être enlevée la nuit

Les contre-indications de la compression médicale sont :

  • L’AOMI avec IPS <0,6
  • La microangiopathie diabétique évoluée (pour une compression >30 mmHg) 
  • La phlegmatia coerulea dolens (phlébite bleue douloureuse avec compression artérielle)
  • La thrombose septique 

Les différents dispositifs de contention/compression pouvant être mis en place sont :

  • Des bandes non élastiques :  ce sont des bandes anti-œdèmes, qui agissent en profondeur pendant la marche. Elles ont une extensibilité <10%, elles sont donc rigides. Ce type de bande n’est pas remboursé. Ex : Medica315® (SIGVARIS) 
  • Des bandes à allongement court : bande à action efficace sur la pompe veineuse avec une extensibilité >10% et <100%. Elles sont utilisées pour les ulcères mixtes si l’IPS est compris entre 0,7 et 0,9. Elles sont aussi mises en place pour les microangiopathies diabétiques, les vascularites cutanées, les angiodermites nécrotiques avec une SURVEILLANCE MEDICALE et réévaluation régulière. Ex : Rosidal K® (L&R) et Comprilan® (BSN) (toutes les 2 remboursées)
  • Des bandes de compression à allongement long : elles sont étalonnées pour maintenir une pression contrôlée, constante et reproductible, avec une extensibilité >100%. Elles se portent du lever au coucher. Elles ont des repères pour faciliter la pose. Attention de ne pas les découper et de ne pas utiliser les crochets pour les maintenir sur le patient (ces derniers servant uniquement à leur rangement). Elles sont lavables et leur changement se fera tous les trois à six mois. Ces bandes à allongement long sont recommandées chez les patients immobiles ou peu mobiles.
    Ex : Velpeau veine plus® (L&R), Biflex® (THUASNE), Dupraflex® (SIGVARIS) 
  • Des bandes multi-types : Superposition de plusieurs bandes de même nature ou nature différente, élastique ou inélastique. À l’effort, elles se comportent comme un bandage à allongement court avec un effet massage important. Au repos, elles exercent une compression moyenne constante, supportable la nuit et pouvant rester en place jusqu’à 7 jours.  Elles sont donc portées jour et nuit. Ex : PROFORE® (SMITH AND NEPHEW) /K2® (URGO) /COBAN 2® (3M) : renouvelé autant de fois que nécessaire en début de traitement. KIT BIFLEX® (THUASNE) : lavable 3 fois. ROSIDAL SYS® (L&R), : lavable 50 fois (réutilisable sur une période de 12 semaines)

Depuis le 1er juillet 2020, un pansement lourd et complexe d’ulcère ou de greffe avec pose de compression est coté AMI 5.1 + MCI.

La Haute Autorité de Santé recommande depuis 2010, le port de bandes multi-types dans les Ulcères veineux ouverts (stade C6/si IPS>0,8). 

Une fois l’ulcère cicatrisé, l’insuffisance veineuse doit continuer d’être prise en charge et le port de bas ou chaussettes de compression classe 3 s’impose.

PRESCRIPTION 

Si l’infirmier remplit les trois conditions prévues dans le 1er cas de prescription et qu’en outre, il en a au préalable informé le médecin traitant désigné par le patient, il peut également prescrire les dispositifs médicaux suivants, dès lors qu’ils sont inscrits à la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) :

– dans le cadre d’un renouvellement à l’identique, orthèses élastiques de contention des membres : bas (jarret, cuisse) ; chaussettes et suppléments associés.

Les bandes de compression relèvent d’une prescription médicale (initiale et renouvellement).

Face à une plaie du membre inférieur, il est primordial d’avoir un bilan vasculaire pour prendre en charge l’étiologie, par compression ou contention si nécessaire et obtenir ainsi la cicatrisation avec l’aide de pansements mis en place selon le stade de la plaie. 

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Avisplaie® est hébergée sur un serveur sécurisé et permet de tracer toutes les informations liées au patient. 

Pour plus d’informations, rapprochez-vous de l’agence SUITE DE SOINS® de votre secteur. 

Rendez-vous en février pour une nouvelle newsletter.

En attendant si vous souhaitez partager votre expérience sur le terrain n’hésitez pas à nous écrire à contact@suitedesoins.fr